Île de Ré : traversée d’Est vers l’Ouest par les communes Rétaises

Avant même d’enjamber l’océan Atlantique par le pont qui la relie au continent, l’île de Ré commence à se dévoiler. Au fur et à mesure que l’on gagne du terrain, elle semble se prélasser dans sa propre beauté. 

La première image que vous retiendrez d’elle est un fil argenté de large plage : Rivedoux-Plage avec un peu plus loin la silhouette fantomatique de l’abbaye cistercienne des Châtelliers en ruine. Un avant-goût d’un bras de terre qui s’étend sur 19 kilomètres avant de se conclure en point d’exclamation par le magnifique Phare des Baleines. 

Véritable paradis propice à la détente, l’île de Ré se visite de préférence à vélo ou lors de grandes balades à pied. Avec 100 kilomètres de pists cyclables bien entretenues et un relief quasi inexistant, les conditions de circulation à bicyclette sont loin d’être difficiles. Même hors saison, les cyclistes tendent à être plus nombreux que les rares automobilistes. « Ré la blanche » comme on la surnomme gagne à se visiter piano-piano plutôt qu’au rythme effréné des grandes villes. 

Pour profiter pleinement de votre immersion dans la plus grande île de l’archipel charentais, suivez notre traversée guidée des hauts-lieux de l’Île de Ré. 

Voilier au large de l'île de Ré.

Rivedoux-Plage, une première étape pleine de surprises

Rivedoux-Plage marque pour le visiteur en provenance de La Rochelle ou du reste du continent le premier contact avec la magie de Ré. Le long fil de sable doré fait une boucle autour du village tout blanc, le seul élément uniforme entre les différentes communautés du canton insulaire. Les cerfs-volistes se préparent à décoller – partageant le croissant de plage avec les ostréiculteurs. Plus loin, l’abbaye en ruine des Châteliers se dresse au bord de la route.

La Flotte, un des plus beaux villages de France

Avant d’arriver à la Flotte, vous traversez la commune de St-Clément des Baleines qui aurait sa place dans les cyclades. Un peu plus loin, le village de la Flotte se distingue avec son aspect presque hollandais avec des rangées de chalets bien rangées autour d’un long port.

Saint-Martin, la ville fortifiée par Vauban

Au-delà des plages et des marais salants, l’île de Ré a une histoire fascinante : elle a été disputée par l’Angleterre et la France pendant des siècles. L’une des conséquences fut l’intervention de l’architecte militaire Vauban pour renforcer les défenses terrestres et maritimes. Ses prouesses ont été telles que les puissants murs d’origine de la plus grande communauté de l’île, St-Martin, sont encore largement intacts – et ont valu à la ville d’être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

Port de Saint-Martin.

Le port harmonieux de Saint-Martin a une histoire macabre, puisque c’est d’ici que les bagnards (dont Alfred Dreyfus) ont été déportés vers diverses régions plus misérables de l’empire français. Aujourd’hui, St-Martin rayonne d’un chic pavé ; un excellent endroit pour amarrer votre yacht cet été, mais si vous avez d’autres projets pour le navire, vous y trouverez de nombreux hôtels de prestige. .

Loix, l’ancien îlot 

Si l’île de Ré ressemble à un avant-poste, alors Loix est un lieu qui se situe un peu plus loin. Autrefois, elle constituait un îlot à elle seule, mais les activités de l’homme l’ont peu à peu soudée au reste de l’île. 

Ces activités se poursuivent aujourd’hui, comme vous pouvez le constater lorsque vous partez du modeste continent à pied ou à vélo sur une piste traversant les marais salants. L’alchimie locale consiste à extraire le sel fin de l’eau de mer : une série de bassins artificiels peu profonds concentrent la saumure jusqu’à ce que la surface se cristallise – permettant aux paludiers de récolter le précieux composé. Vous rencontrerez peut-être un producteur de sel sur le chemin du travail les jours où les composants essentiels de son industrie sont réunis : le soleil et le vent.

Marais salants proches de Loix sur l'île de Ré.

Heureusement, l’île de Ré est caressée par les deux. Le travail intensif mais doux de la mer est célébré dans l’Écomusée consacré à l’industrie du sel, à l’extérieur du village de Loix – mais vous serez tout aussi intrigué par la grande et belle église qui domine la place principale.

Ars-en-Ré, au coeur des vignobles Rétais

Ars-en-Ré se découvre incontestablement mieux au guidon d’un vélo qui vous permettra de vous faufiler à travers les vignes, les prés et les platanes d’une île pleine de surprises. Si vous n’en avez pas sous la main, vous pouvez louer un dans l’un des nombreux points de vente des environs.

Rue du village d'Ars-en-Ré.

De nombreux points de repère sont posés pour vous guider. Regardez vers le sud-ouest, la flèche en noir et blanc, caractéristique de l’île. Une fois que vous avez descendu les marches du phare en spirale, un chemin vous attend pour vous conduire à la communauté que l’église protège : Ars-en-Ré, officiellement l’un des clubs exclusifs des « plus beaux villages de France ». 

Cette organisation est une première ligue de grâce et de charme. Alors que tous les villages de l’île sont en pleine effervescence – les maisons blanchies à la chaux avec des volets verts ou gris font partie de la vernaculaire – Ars-en-Ré ajoute un port tranquille.

Les Portes-en-Ré, le bout de la route

Vous pourriez vous rendre à Les Portes en bus – mais les services, bien que fiables, sont rares. Continuez plutôt avec le moyen de transport par défaut sur l’île : les deux roues. Vous atteignez Les Portes-en-Ré à travers une vague de forêt sur une belle piste cyclable. 

Situé au bout de la route, le village des Portes-en-Ré possède une église médiévale dont les pierres semblent être bombées avec une envergure moyenâgeuse ; l’emblème essentiel de tout village qui se respecte de La Poste ; un café ou deux ; et une splendide petite rue appelée Impasse du Paradis – qui résume plutôt bien l’endroit.

La Réserve naturelle, un parc ornithologique

Au sud du village se trouve une réserve naturelle où l’on peut observer 320 espèces d’oiseaux. C’est une halte incontournable pour les migrants aviaires entre le nord de l’Europe et l’Afrique. Le tadorne commun est à la hauteur de son adjectif, tandis que l’aigrette garzette est également abondante au printemps et en été. On ne vient pas à ce placide rassemblement par hasard : le voyage en vaut la peine.

Le Phare des Baleines, le final de votre traversée ! 

La conclusion de l’île de Ré est à la fois passionnante et révélatrice. Il s’agit du magnifique phare de 1854, connu sous le nom de Phare des Baleines, qui dépasse de près de 200 pieds la pointe nord-ouest de l’île.

On y monte en spirale sur ce que les Français appellent un escalier hélicoïdal – 257 marches qui se rétrécissent avec l’altitude, offrant au grimpeur une excellente vue sur le sol, juste un peu plus bas en chute libre. Enfin, vous êtes expulsé vers la plate-forme d’observation et les éléments : vos yeux tourbillonnent comme le vent lorsque vous admirez la vue de l’île – et de l’océan qui l’entoure.

Un début dramatique, un milieu fascinant et une fin passionnante : voilà l’histoire de l’île de Ré.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.